Risque biologique

Qu'est-ce le risque biologique ?

Le risque biologique est provoqué par l’action néfaste sur la santé des salariés de certains agents biologiques ou à leurs produits (endotoxines, mycotoxines…). On entend par « agents biologiques » des bactéries, virus, champignons microscopiques, prions, parasites, insectes, plantes, oiseaux, animaux et humains, y compris les organismes génétiquement recombinés et les cultures cellulaires.
Les effets que ces agents peuvent produire sur la santé sont aussi divers que l’irritation de la peau et les réactions allergiques (pathologies respiratoires immunoallergiques…), les infections (grippe aviaire, tuberculose, leptospirose…), l’intoxication (liées à la libération de toxines), le cancer et d’autres maladies dégénératives.

 

En milieu de travail, le risque biologique concerne de multiples activités : l’agriculture, les industries agroalimentaires, les métiers de l’environnement et de la recherche, les métiers de la santé et de l’action sociale, les services à la personne… Plus de 15 % des travailleurs se déclarent par ailleurs exposés à des agents biologiques dans le cadre de leur activité (d’après l’enquête SUMER de 2003).

 

La réglementation classe les agents biologiques (voir définition ci-dessous des agents biologiques du groupe 2, 3 ou 4) en fonction des critères suivants : la maladie chez l’homme, la possibilité de propagation dans la collectivité, le danger pour les travailleurs et l’existence de la prévention technique, médicale ou de traitement.

Le risque biologique doit être évalué et des mesures de prévention spécifiques mises en place.

Les agents biologiques du groupe 2

Peuvent provoquer une maladie chez l’homme et constituer un danger pour les travailleurs. Leur propagation dans la collectivité est peu probable et il existe généralement une prophylaxie ou un traitement efficace.

Exemples :

  • agents de la petite enfance (varicelle, coqueluche, oreillons…) ;
  • virus de la grippe, de l’hépatite A, des gastro-entérites,… ;
  • bactéries provoquant la salmonellose, la leptospirose, la pneumonie ;
  • parasites provoquant la toxoplasmose… ;
  • la teigne.

Les agents biologiques du groupe 3

Peuvent provoquer une maladie grave chez l’homme et constituer un danger sérieux pour les travailleurs. Leur propagation dans la collectivité est possible, mais il existe généralement une prophylaxie ou un traitement efficace.

Exemples :

  • virus d’hépatites B et C, de l’herpès, de la fièvre jaune, de la dengue, de la rage, du SIDA, des encéphalite à tiques ;
  • bactérie de la tuberculose ;
  • parasites provoquant la toxoplasmose, les ténias.

 

Les agents biologiques du groupe 4

Provoquent des maladies graves chez l’homme et constituent un danger sérieux pour les travailleurs.Le risque de leur propagation dans la collectivité est élevé. Il n’existe généralement ni prophylaxie ni traitement efficace.

Exemples :

  • des agents pathogènes de grande épidémie (virus Ebola…)
  • des agents de laboratoires de recherche

Comment prévenir le risque biologique au travail

Les personnes infectées par des virus respiratoires peuvent les transmettre à d’autres personnes par la toux en projetant des gouttelettes contaminées. Les virus grippaux, par exemple, peuvent survivre dans l’environnement de quelques heures à quelques jours. Des précautions simples doivent être appliquées pour restreindre la contagion :

  • Eviter de projeter des gouttelettes de virus en toussant et éternuant dans un mouchoir à usage unique ou par défaut dans le pli du coude.
  • Ne pas se toucher la bouche, le nez et les yeux avec les doigts sans un lavage des mains.
  • Se laver régulièrement les mains au savon et à l’eau (mouiller les mains puis se savonner pendant 30 secondes) ou par défaut ou manque de temps avec une solution hydroalcoolique (une application minimale de 10 secondes). L’usage de cette solution est restreint à des mains sèches, non souillées (l’action désinfectante de l’alcool est diminuée en présence de matières organiques), non poudrées ou non lésées. La solution hydroalcoolique a pour but de désinfecter les mains non d’enlever des traces de saletés. La composition standard de cette solution est pour un volume de 100 ml : 83 ml d’éthanol à 96%, 4 ml de peroxyde d’hydrogène à 3%, 1 ml de glycérol à 98% et 12 ml d’eau distillée ou d’eau bouillie et refroidie). En cas de défaut de point d’eau et de solution hydroalcoolique, il reste l’usage de l’éthanol à 70%.
  • Eviter les contacts rapprochés, serrage de mains, bises ou accolades lorsqu’on est contagieux.
  • Porter un masque si son travail nécessite une proximité avec ses collègues.
  • Opter, si possible, pour le télétravail ou des téléréunions. En réunion, il faut maintenir une distance d’au moins un mètre avec les autres personnes.
  • Nettoyer régulièrement le poste de travail et l’outillage à main, comme un écran tactile, la souris et le clavier d’ordinateur (surtout lorsque les outils sont partagés).

La démarche de prévention consiste à :

  1. Evaluer les risques ;
  2. Identifier le « réservoir » de l’agent biologique et les modes de transmission ;
  3. Pratiquer des vaccinations ;
  4. Informer et former le personnel ;
  5. Placer des barrières entre le réservoir et l’homme par des mesures de :
    • prévention collective : en limitant l’accès à la source d’infection, mécanisant certaines tâches, réorganisant les locaux et le travail, agissant sur la ventilation et en éliminant l’agent biologique (usage de désinfectants, insecticides, raticides…) ;
    • prévention individuelle : hygiène (lavage des mains), port d’équipements de protection individuelle (EPI) et utilisation d’une tenue de travail.

     

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